Fervent d’actualité, j’aime écouter les bulletins de nouvelles sur différents réseaux. C’est très révélateur de voir comment une nouvelle est traitée différemment d’un réseau à l’autre quand une nouvelle n’est tout simplement pas mentionnée. Je vais de la SRC à TVA en passant par LCN, RDI sans oublier CNN, CTV et la CBC.
J’ai fait un spécial jeudi dernier lors du dernier bulletin de Bernard Derome en l’écoutant à 21 h sur RDI et j’ai ensuite écouté le bulletin de TVA à 22 h tout vaquant à diverses tâches sur mon ordinateur portable.
À ma grande surprise, pas un mot sur M. Derome à TVA. C’est tout un manque de classe et il semble que je ne sois pas le seul à l’avoir remarqué.
Au bulletin de 17 h de TVA du jeudi 27 novembre dernier, le chroniqueur Claude Poirier nous parlait d’une femme qui a « contacté » le SIDA. En fait, il voulait dire « contracté le SIDA », mais le direct est impitoyable.
Outre le fait que ce lapsus m’ait diverti sur le coup, je m’interroge aujourd’hui.
Je ne remets pas en cause l’expertise de M. Poirier dans le domaine des affaires policières (c’est le meilleur en son genre au Québec) , mais je me questionne sur la place que lui fait TVA sur les ondes.
Après tout, on parle de TVA ici, un média de communication où on entend des journalistes (Pierre Bruneau), des animateurs (Gino Chouinard) et des communicatrices (Claire Lamarche) sur une base régulière, des personnes qui maîtrisent bien la langue française.
Je ne dis pas que tous doivent bien manier le français pour passer à la télévision. Les gens de la rue font souvent la nouvelle et on les entend au petit écran (idem pour les spécialistes que l’on invite pour commenter les dossiers, les concurrents qui participent aux différents jeux-questionnaires, etc.).
Cependant, je m’attends à une langue de bonne qualité de la part des professionnels de la communication. La télévision joue un rôle important au Québec en regard de la langue alors que nous évoluons au sein d’un continent majoritairement anglophone.
TVA est la chaîne la plus écoutée et je m’attends à un bon français de la part des têtes d’affiche de ce diffuseur. Ce n’est pas comme si TVA était en manque de moyens ou mise en ondes par des amateurs.
Malheureusement, les erreurs de M. Poirier sont fréquentes et il arrive trop souvent que celles-ci détournent notre attention sur ses propos. Dans ces moments-là, on passe à côté de la nouvelle : c’est ce qui est le plus regrettable.
Le public serait tout aussi bien enrichi par la vaste expertise de M. Poirier s’il était amené à l’écran lorsque nécessaire. TVA remplirait ainsi mieux son rôle de diffuseur vis-à-vis la langue française.